Monte Velho #1 – Une main sur le front

Monte Velho est né sur le Monte Velho, nom d’une des collines qui porte le cheptel de la Coudelaria Casa Gouveia en Alentejo, et où l’étalon Zazu (DR) s’occupe librement de ses juments. Fils de Zazu donc, né en 2016, il fait partie des trois poulains ramenés du Portugal ce printemps.

Monte Velho n’a pas été manipulé, excepté les traditionnels marquage au fer et tonte des crins.  C‘est avec une corde autour du cou et craignant pour son avenir que je l’ai vu la première fois avec deux compagnons. Plouf, plouf, lequel choisir ?

Monte Velho à gauche, première rencontre

Je l’ai trouvé rond et baroque, mais je n’ai pu juger de sa locomotion car au bout d’une longe dans le sable profond, le poulain tendu à trotté et galopé comme tout poulain tendu dans du sable profond.

Fin avril, lâché en liberté sur plus d’un hectare, je me suis demandé si un jour je pourrai l’approcher. Ses réactions, pour le moins tauromachiques et brutales, me confirment que l’homme n’est pas son meilleur ami loin de là, bien que sa curiosité joue en notre faveur.

Il se rapproche, souffle fort, puis s’enfuit violemment au moindre doigt qui bouge. Je l’ignore.

Monte Velho a un regard; ce qu’il pense, ce qu’il ressent, ce qu’il prévoit de faire, tout y est inscrit et la gamme est vaste.

Monte Velho est déjà un petit entier affirmé, c’est un guerrier, un fier, un vaillant, il me fait penser à Voy (cf article)

Monte Velho est né rassemblé, plutôt court, il ne se répand pas et c’est en boule d’énergie et d’un seul coup qu’il détale, sursaute, ou s’attaque à son coéquipier, Major, qu’il fait danser à sa mesure.

C’est en me mordant comme un adversaire et en s’agenouillant qu’il a accueilli mes premières caresses pour lui prendre les pieds, c’est en tirant au renard qu’il a accueilli le premier licol et ses pressions, lui, sauvage, lui libre, lui Petit Tonnerre. C’est en prenant sur lui sans se livrer qu’il a accueilli l’attache et le pansage, regard au loin, regard méfiant, sur le qui vive, près à bondir en avant, en arrière, à frémir, à se recroqueviller, à se raccourcir pour mieux exploser.

Puis le regard de Monte s’est adoucit, il a changer son souffle court et bruyant par une longue inspiration,  il a accepté le dialogue et nous posons nos premières conditions, une main sur le front.

C’est en vainqueur qu’il a découvert qu’il y avait des avantages louables à rester sans rien faire à mes côtés, à sentir une main frôler ses cicatrices de jeune mâle provocateur ou frotter ses redoutables piqures d’insectes, cette même main capable d’atteindre d’un massage régulier les recoins de son corps dont il ignorait l’existence quelques heures auparavant… Monte Velho est fin, près du sang, un lusitanien comme on les aime, avec du cœur et une âme.

 

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Un commentaire

pour “Monte Velho #1 – Une main sur le front”

  1. Julie :

    Quels beaux petits ! Tous ces bébés, je suis sure qu’ils seront de beaux partenaires comme tous leurs aïeux de Lusitanie choisis pour aider les hommes à s’élever.

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