[JdD] – Quelques mots

Que je parle à Kelso soit, le cheval est sensible à l’intonation de la voix c’est bien connu, j’étais plus étonnée de lire qu’un cheval peut retenir une trentaine de mot différents dans leur signification seule. Lorenzo debout sur deux juments ne leur dit-il pas « à gauche » ou « à droite » pour les diriger ! J’en fit involontairement l’expérience lorsque je ramenais Kelso devant son box après une séance de travail. Notre habitude est que je le déselle entièrement devant la porte ouverte de son box, et qu’il attend un mouvement de ma main avec la phrase « tu peux y aller » pour s’engager dans la boîte. Généralement le matin, la ration de floconnés est distribuée et l’attend dans la mangeoire, il est donc très impatient de rentrer manger mais respecte notre accord. Ayant enlevé selle et bandes qui me restaient dans les mains, je partais vers la sellerie, Kelso attendant sagement, ne pouvant pas faire de geste de la main, je lui dis juste « tu peux y aller », et comme si j’avais parlé à un ami, il entra calmement dans son box. Depuis, je m’amuse avec les mots seuls, alors que je les avais toujours utilisés associés à la gestuelle, croyant que le cheval comprenait d’avantage le mouvement au vocal. Il comprend par exemple à distance, les mot « recule », « attend »… L’autre jour, au moment de le préparer, j’avais laissé la porte du box ouverte et était allée chercher le matériel dans la sellerie à quelques mètres. Il s’était avancé, et les 3/4 de son corps étaient à l’extérieur du box. je l’observais d’une lucarne mais lui ne me voyait pas, je lui dit « Kelso, recule », étonné, il n’en fit pas moins quelques pas en arrière pour se replacer à la limite même de la paille.
Ils n’ont pas fini de nous étonner !

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3 commentaires

pour “[JdD] – Quelques mots”

  1. ambre :

    Bonjour,

    Je découvre ce blog et c’est un régal pour moi qui me pose tellement de questions, cherche tellement de réponses, tâtonne, teste, corrige, me documente, regarde Equidia, avec une passion tous les jours plus prenante,
    parfois j’ignore si ce que je fais est bien, parfois les résultats incroyables et positifs de la jument dont je m’occupe en demi-pension me disent que je suis sur la bonne voie, et parfois la jument n’est « pas dispo » autant que les fois précédentes. Alors je la travaille autrement. Mais à chaque fois j’ai l’impression de gagner un petit bout et encore un petit bout… C’est gratifiant (parfois décourageant un peu) et en même je pense à tout ce qu’il reste à faire.
    Elle n’a que 4 ans, c’est une trotteuse et il y a du boulot. Mais c’est maintenant que je réalise à quel point je découvre enfin le cheval, son comportement, son apprentissage. Après avoir été cavalière pendant des années, je réalise que je suis passée à côté d’un tas de chevaux sans vraiment les voir. C’est génial de pouvoir appréhender leur monde et en même temps, j’ai l’impression d’avoir tout à apprendre de la même façon que la jument. Je fais mes premiers pas.
    En tout cas (je ne veux pas être trop longue) je voulais vous dire que votre blog est super car vos réflexions pertinentes, humaines, me parlent et répondent à mes interrogations. Continuez, je suis fan.
    Le monde de l’équitation a fait de réels progrès. Peut-être grâce à Internet mais il me semble qu’avant, partout où je suis passée, les bons cavaliers échangeaient rarement les bons tuyaux ou tout le moins leurs doutes, leurs ressentis. Tomber de cheval était la preuve que l’on était un médiocre cavalier, la honte ! La peur du cavalier n’en parlons pas. On préférais mettre un mouchoir dessus et crier « remonte ». Je me souviens d’une monde dur dans lequel il semblait que la force du cavalier face au poids du cheval résidait dans son autorité.
    Heureusement, tout cela a changé. Un peu aussi grâce à vous. Merci et bonne continuation avec Kelso.

  2. Claire :

    J’avoue que j’ai un peu de mal avec cette notion de « sens des mots » . Je ne doute pas qu’un cheval peut privilégier le mot à la gestuelle et j’y crois ++ la voix étant aussi un signal même utilisé seul . Par contre le sens du mot que nous employons, je crois que cela tient plus à nous qu’à eux .
    J’ai connu rapidement qqun qui s’était amusé à dire  » choucroute » pour signer l »ordre d’arret . Cela marchait TB avec son cheval ( j’imagine en concours de dressage …. lol ! )
    Je pense qu’ils sont sensibles à l’intonation, au nombre de syllabes aussi , à la prononciation (?).

    Quand un mot est défini comme code , le cheval le comprend en tant que tel ; mais je ne crois pas qu’ils intégrent la notion abstraite qu’est le langage parlé tel que nous l’entendons ( = le sens des mots ) : ils reconnaissent le code vocal ( « gauche  » ne sonne pas pareil que « droite » ) mais je pense que c’est tout .
    Tiens d’ailleurs tu accepterais de faire un test si Kelso répond à l’ordre « recule » ? y répond- t’il de la même façon alors que tu as prononcé  » secule » ou « mecule » ou « lecule » ? Si c’est le cas alors c’est comme les chiens : ils reconnaissent l’ordre vocal ;-)

  3. Emilie :

    Bonsoir Claire, j’ai peut-être dû mal m’exprimer car je suis d’accord avec toi, Kelso ne comprend pas le sens même du mot mais il suffit à lui seul aujourd’hui pour qu’il l’associe au mouvement demandé, si je l’avais fait reculer depuis toujours en utilisant le mot « fait un saut de mouton », il est évident qu’aujourd’hui, si je prononçais « fait un saut de mouton », il reculerait et ne partirait pas en bondissant.

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