[JdD] – moucheté de colza

1 heure de promenade au pas ce matin, le terrain est trop sec pour trotter.
A un croisement, Kelso anticipe et tourne précipitamment à droite pour emprunter le chemin habituel, de peur de devoir affronter celui qui continue tout droit, et dont il ne connaît pas par coeur chaque recoin faute de le parcourir régulièrement. Je lui demande d’être courageux et de revenir sur ses pas pour tenter le sentier effrayant, rênes longues. J’observe son angoisse monter d’un coup, le souffle s’accélère, bruyant, les muscles de raidissent, le dos et l’encolure se bloquent, le pas devient totalement étriqué et irrégulier, il se traverse, puis s’en est trop, il préfère nous moucheter de jaune en traversant le champ de colza afin de retrouver son trajet rassurant. Je reprends le contrôle en le remettant dans le “droit chemin”, lui demandant de venir sur le contact en extension d’encolure, je lui propose donc la solution, une attitude calmante qui nous permet de retrouver immédiatement un dos qui ondule, un pas ample et régulier, mais si je lâche à nouveau les rênes, « wonderhorse » se re-transforme en catastrophe biomécanique. Le retour au calme rênes longues est instantané dès que nous retrouvons plus tard un terrain bien mémorisé. Kelso est menacé de mort dès qu’il ne reconnaît pas les paramètres de sa carte mémoire (mise à jour par les habitudes), on dirait qu’il souffre de TOC. Le cheval ibérique est particulièrement enclin à perdre tout aspect esthétique de sa locomotion dès que l’émotionnel entre en jeu : précipitation, travers, allures nouvelles non répertoriées, irrégularités de toutes sortes…Plus le cheval est contracté (stress psychique : douleur, environnement, contraintes, incompréhensions…) plus ses défauts locomoteurs se révèlent.
“Il faut être conscient des rapports intimes et constants de l’inné locomoteur du cheval avec ses comportements psychiques.”
Pradier
Voici ce qui me permet aujourd’hui de pouvoir passer devant un danger risquant de le dévorer en conservant une attitude et une locomotion régulière, et d’éviter les désordres en tout genre toujours très irritants après 8 ans de sorties en extérieur quasi-quotidiennes. Je lui demande l’attitude encolure basse, sur le contact ce qui engendre (au-delà de l’attitude de relaxation) l’impulsion, la franchise, et donc de respect…
“Le cheval est régi par trois systèmes : le respect, l’impulsion, et la souplesse. Mais je ne parlerai ici que de respect, car c’est de lui que découle l’impulsion…”
Pat Parelli
Je ne sais pas s’il saura un jour surmonter seul ses angoisses profondes.

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