[JdD] – étho & co (vidéo)

Kelso est plus ou moins « éduqué », du moins les années passées ensemble ont permis d’instaurer une relation de confiance, il me suit où que j’aille sans licol à moins qu’un élément très inquiétant ait raison de sa témérité. Un tuyau, une bâche, un être humain, quelque chose d’inhabituel à son quotidien et l’animal émotif retrouve ses angoisses ancestrales. Ce n’est pas faute de le mettre en situation, de lui en faire voir de toutes les couleurs, de ne pas l’épargner…
J’ai donc essayé de lui faire voir un maximum de choses mais bien que Kelso ait beaucoup voyagé et fait des heures d’extérieur il n’en reste pas moins un cheval « sur l’œil ».
« L’éthologie » nous a beaucoup apporté même si je suis restée sur ma fin et ai encore tout à y apprendre. J’ai essayer par ce moyen d’aider Kelso à gérer ses émotions mais pas à les enlever, en trouvant d’autres solutions que de fuir d’abord. Aujourd’hui, il ne tente plus de s’échapper à tout prix, de tirer au renard, ne nous mettant plus en danger à chaque instant.

La désensibilisation a ses limites ; pour l’art équestre, j’ai besoin de sa confiance certes, mais aussi de son hypersensibilité, j’ai besoin de le sensibiliser au maximum aux aides les plus fines (respect), qu’il reste vibrant mais sans crainte. Si je le désensibilise à l’excès, il risque de devenir comme certains chevaux que j’ai déjà vu, tête basse, dénué de toute réaction équine, absent à leur environnement et parfois dissociés. En voici une autre contradiction qui pourrait faire polémique, tout aussi valable que céder à la pression ou aller contre la pression,  comment peut-il faire ce pauvre animal pour comprendre qu’il faut ignorer les battements d’aile d’un oiseau, ou un lapin qui détale dans les feuilles mortes et réagir immédiatement à la moindre sollicitation des aides ?

De même, la gestion intelligente de la notion de confort et d’inconfort reste subtile, pour Kelso il s’agit d’une vraie manipulation mentale et je me dois de faire attention à l’inconfort proposé même s’il s’agit d’une pression à peine visible. J’ai vu des chevaux exécuter des prouesses en liberté aux côtés de leur gourou, déplacement latéraux, réponse immédiate à chaque mouvement de sourcil du bipède, mais dans un état d’inquiétude de la menace de l’inconfort que cela en devenait désagréable à regarder.

La monte en licol ou en cordelette qui peut paraître un tour de force et de courage ne semble pas perçue comme tel par le cheval. Le jour ou je décidais « courageusement » de monter Kelso en licol éthologique, il fut plus attentif à mes aides et demandes qu’en filet, exécutant sagement tout son répertoire. De même en cordelette, Kelso n’étant pas à priori dressé en étant poussé sur la main, il n’a pas besoin du mors pour se faire porter dans ses allures, la cordelette autour du cou ne changea donc pas grand chose excepté des courbatures pour moi qui devait faire d’avantage d’efforts d’assiette.

J’apprécie donc d’avoir toujours un vrai cheval mais dont les réactions ont été adaptées à l’environnement « humain » d’aujourd’hui, avec un sentiment de sécurité monté comme à pied.

Sur cette vidéo

L’intérêt de « l’éthologie » au quotidien : aller courageusement voir un tuyau effrayant, l’aspirer bruyamment sans attache, sans l’épargner, le seller en faisant tomber autour de lui protections, sangle… sans qu’il ne s’échappe. Couper quelques crins entre les oreilles (Kelso ne supporte pas qu’on lui touche les oreilles), puis quelques exercices comme mettre ses pieds sur un trou noir, accepter un fouet bruyant à ses côtés, ou un torchon voltigeant autour de sa tête, céder à la pression d’une corde sur les postérieurs, monter dans un van, que de choses qui provoquaient chez lui des réactions de mustang sauvage…

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Un commentaire

pour “[JdD] – étho & co (vidéo)”

  1. Baumgartner Véronique :

    Bonjour !
    Je vous découvre avec plaisir !
    votre intelligence à synthétiser me réjouie de ne pas être seule au monde lorsqu’on m’accuse de papillonner d’une méthode à l’autre. J’essaie aussi de prendre le meilleur partout.
    Bonne continuation, je reviendrai vous lire régulièrement.
    Véronique

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