[JdD] – états d’âme

Quelques séances de recherches et d’analyses plus tard, il est maintenant une évidence que Kelso sait faire beaucoup des choses, mais qu’il ne les fera correctement que si j’améliore ma manière de le monter, je suis le facteur limitant à son expression locomotrice et artistique. Chaque contraction, décentrage de ma part, chaque manquement à notre accord de respect mutuel, par gourmandise ou égo, est immédiatement mis à jour et amplifié par l’animal. Si nous n’avons pas la même idée, si j’avance sur la mienne bien qu’il m’ait montré qu’il ne pouvait pas (et non qu’il ne voulait pas !), je ferme le dialogue et je le sens déçu. Par exemple, lorsque je sais qu’il connaît un exercice depuis parfois des années, et qu’il bloque, résiste, lourd, inerte aux aides ou en état d’incompréhension émotive, je m’énerve intérieurement, pensant qu’il devrait l’exectuer facilement et mieux chaque jour. Kelso ne résiste pas par mauvaise volonté, une douleur ou une gène souvent, l’empêche de donner généreusement ce qu’il sait faire depuis longtemps, il sent alors mes contractions, mes exigences, ma déception, il s’inquiète de plus en plus, et s’angoisse de croire qu’il fait mal. Je travaille donc sur cette prise de conscience de médiocrité humaine afin de le rassurer quand il ne peut pas, lui montrant que je sais, passant à autre chose, le félicitant de son attention, et de l’exécution d’un autre mouvement plus facile ce jour là, c’est en me relâchant qu’il se relâchera car l’animal-éponge s’imprègne de mes états d’âme. C’est seulement dans cet état d’esprit je garderais sa confiance et ce dialogue fragile. Ce matin, séance de shiatsu au soleil, très appréciée.

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Un commentaire

pour “[JdD] – états d’âme”

  1. Sébastien :

    Combien de médiocres auraient insisté dans cette situation, sans réfléchir et se remettre en cause !

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