[JdD] – amis ou pas

Kelso tousse. Déjà fragile à ce niveau, je le repasse de temps en temps sur copeau pour éliminer tout agent irritant. Heureusement qu’il va au pré tous les jours.

Kelso, 6 ans

Les deux dernières séances au galop furent difficiles et entraînèrent de nombreuses réflexions. Suite à une réflexion de Pierre Pradier qui me disait que c’était bien d’être amis tous les deux mais qu’à un moment il fallait lui expliquer certaines choses comme arrêter de charger au galop (changements de pied), d’être plus respectueux à la main et aux jambes. Grand dilemme. Comment garder une relation de binôme, de confiance, d’amitié avec un cheval tout en exigeant de lui la qualité d’un travail de haute école ? Il s’est habitué à mes aides, à les détourner parfois, et il est difficile de prendre le recul nécessaire pour exiger de lui plus d’attention, de respect. Au galop, nous étions au début souvent en orbite, je ne le touchais ni avec les jambes, ni avec la main, ni avec l’assiette, restant en suspension et le laissant faire. Il s’est alors habitué, afin de ne pas se soutenir à cette allure, à plonger sur la main pour me soulever de la selle, ce à quoi je répondais pas un demi-arrêt, compensant ainsi le manque d’équilibre. Tout galop cadencé, régulier et lent était inimaginable.

« Dans le choix d’un cheval de selle, il y aura donc lieu d’examiner spécialement son aptitude naturelle au galop, d’autant plus qu’à cette allure, comme au pas, les défauts innés ne peuvent être éliminés complètement, même par le dressage le plus soigné, tandis que le trot (…) peut s’améliorer essentiellement par un travail approprié. » Steinbrecht

Puis ces habitudes ont dû rester et dès que nous abordons une difficulté à cette allure, il cherche à peser, ne veut pas se rassembler, perd la propulsion, chauffe aux changements de pied. Parfois je me dis que je devrais mieux arrêter.

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4 commentaires

pour “[JdD] – amis ou pas”

  1. zaude :

    Je sens poindre une once de découragement alors même que ton précédent post faisait état de tous les progrès que vous avez réalisé tous les 2… Je ne te crois pas une seconde capable de d’arrêter.

    le galop me semble une allure très compliquée dès lors que l’on a un cheval émotif… Je pense qu’il faut là encore plus monter en se disant qu’on a le temps… Pour moi, le cheval qui coure et s’appuie ne vient pas s’opposer à nous, mais juste nous dit sa perdition, son stress…
    Alors au contraire, je pense qu’il faut encore plus monter en ami dans ces moments là, remonter à la source du stress, lui expliquer que tout va bien se passer, qu’on a le temps, et que si il faut on attendra qu’il soit prèt pour demander la prochaine difficulté… Tu ne penses pas?

    Je pense que la relaxation du cavalier, le regard panoramique & co sont là d’une plus grande aide que le demi arrêt sur un cheval aussi fin et sensible que le tien… Et le pire, c’est que je suis sure que tu sais évidemment tout ça, et que ça n’est qu’un moment de passage à vide que tu sauras surmonter comme tous ceux que tu as du déjà passer…

  2. Denis :

    comme dit Pradier, à un moment…
    si tu as ce dilemme, c’est que tu ne le fâches jamais ou tres rarement, et pour cette raison ,l’effet pourrait être trés bénéfique.
    Mais comme je te comprends…

  3. Emilie :

    Oui Aude, découragement de ma médiocrité parfois, mais quand je monte certains chevaux de 4 ans si bien équilibrés qu’il n’y a rien à faire que de se laisser porter, je suis déçue de ne pas avoir vraiment réussi à lui donner un équilibre naturel au galop ou de le rassurer suffisamment. Tu as raison sur le principe et c’est ce que j’essaye de faire depuis presque 9 ans ! Attendre que le cheval soit prêt, le temps est parfois long. Relaxation du cavalier à travailler c’est sûr !

    Denis, je comprends bien en tant que cavalière de dressage que cette discipline est très exigeante pour le cheval qui ne va pas s’exécuter aux airs du Grand Prix par plaisir et sans l’aide de personne, je suis souvent confrontée au besoin d’exiger certaines choses de façon plus coercitive qu’un simple « s’il te plaît ». J’essaye d’en trouver le plus subtil chemin.
    je me suis « déjà fâchée » pour obtenir plus de rassembler au galop, plus de rebond et d’équilibre de sa part, mais nous perdions le plaisir, Kelso se résignent aux exigences mais subit et se ferme. Je regrette toujours d’avoir obtenu quelque chose par une forme de remise aux ordres. De plus, son émotivité lui fait aussi perdre sa décontraction et si j’agis avec trop de fermeté, je fais plusieurs pas en arrière : il chauffe, se durcit encore plus, passe derrière la main, perd l’impulsion, il se ratatine et perd l’amplitude et la régularité, c’est un petit ibérique avec peu de force, et il faut avant tout gagner sa confiance…

  4. Denis :

    ah ben, s’il réagit mal ….
    entre Kelso et l’Equitation…
    la voix du coeur est la meilleure à écouter

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