Journal de dressage – tact

Kelso est électrique, il court, fait des écarts, s’enroule, chauffe, je n’ai pas de cadence… Un vrai retour en arrière de plusieurs années.

Bien que je sache depuis longtemps qu’il y a des hauts et des bas et que quand il n’est pas bien physiquement, il ne l’est pas moralement aussi, il m’arrivait encore souvent de perdre patience, de ne pas raisonner intelligemment et de m’énerver.
“C’est l’énervement qui gâche tout, énervement qui n’a rien à voir avec la fermeté exercée brièvement et au moment précis.”
Oliveira
La tension intérieure montait – le cavalier est émotionnellement très vulnérable  – Kelso me poussant à bout pas ses excès de stress réguliers, et au lieu de calmer le jeu, de chercher la décontraction, ou de changer de sujet, descendre, sortir du cercle vicieux, je continuais mes exigences forçant le cheval à des résistances physiques auxquelles je m’opposais par la contraction des aides.
“Beaucoup investissent tous leurs efforts et énergie à devenir de grands cavaliers de concours, au lieu de devenir de grands hommes de chevaux. Ils ne voient que l’aspect compétitif de la victoire. En fait, il leur manque tous les fondements naturels. Un fondement est par définition quelque chose de fort, de solide, de vrai. Il s’agit pour nous de fonder une relation naturelle entre l’homme et le cheval, une relation à vie.”
Pat Parelli.

Dans ma quête personnelle d’acquérir les qualités de « l’homme de cheval » telles que les écuyers l’ont décrites, difficile tout d’abord d’admettre un mauvais comportement, de me regarder en face et de faire un constat. Prise de conscience, puis essayer de s’améliorer, c’est-à-dire travailler sur soi, trouver des chemins vers la sagesse. “…le cheval s’habitue assez aisément, mais il n’en est pas de même du cavalier.” Beudant.

Aujourd’hui, pas d’énervement, je sors de 10 heures de formation de shiatsu, j’accepte que Kelso réagisse fort aux changements de saison, les mues le fatiguent et travaillent sur sont système musculo-tendineux, je tente juste de revenir à des choses rassurantes, lui montrer que je sais et que ce n’est pas grave. Pas, trot, galop cercle puis ligne droite, descendre dans son corps, arrêter d’agir, attendre la décontraction et la récompenser lorsque les tensions lâchent. Je monte un poulain.

Travailler sur soi pour épargner l’animal, voici le long travail que je viens de commencer.

« L’équitation est une école d’abnégation et d’humilité. Sa pratique, si elle est bien menée, rend l’être humain meilleur.” Oliveira
“Le cavalier doit, non seulement dominer son corps, mais de plus, en tout temps, maîtriser son tempérament.”
Podhasky

Très peu d’écuyers écrivains n’ont pas écrit sur le sujet, conseillant, mettant en garde,  tant ce type de difficulté semblent avoir été de tout temps l’écueil des cavaliers.

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Un commentaire

pour “Journal de dressage – tact”

  1. Karine :

    Réflexion sur laquelle je « tombe » par hasard en relisant des passages de votre blog et qui résonne tellement juste, en accord avec ma réflexion actuelle.
    Belle leçon d’humilité et invitation à se recentrer sur l’essentiel.
    Beudant a écrit un livre sur sa jument Valerine ; beaucoup d’émotions livrées par le « cavalier mirobolant  » évoquant son cheval avec passion et respect

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