Journal de dressage – en carrière !

Voici plusieurs séances où je retourne sur la grande carrière dégelée, mais Kelso n’y est pas aussi calme qu’au manège, je ne retrouve pas la décontraction nécessaire à la poursuite de notre progression. Le dénivelé de la piste, le vent, les chaises renversées et les bruits dans la forêt l’inquiètent ; nous n’avons pas l’équilibre, le calme et l’amplitude des bons jours. Je reste donc sur les bases et les assouplissements attendant uniquement une cadence lente et un cheval relâché.
Ma patience a porté ses fruits ! Aujourd’hui, après un tour en forêt, je teste son équilibre en carrière en lui demandant les 3 allures rênes longues. Se laisse-t-il emporter dans la descente, accélère-t-il sur la ligne droite, les départs au galop sont-ils nerveux ou décomposés…? Puis extension d’encolure, tout semble en place. Je commence les départs au galop juste et faux du pas puis les appuyers, le travail à faux sur le cercle… divers exercices pour avoir le galop idéal pour les changements de pied.

“…mettez votre cheval en situation de changer de pied de lui-même au lieu de vouloir l’y contraindre.” Beudant

“Pour obtenir un bon changement de pied, il faut surtout perfectionner le galop initial.” Oliveira

Changements de pied isolés très corrects, je décide de les rapprocher progressivement. Mais les 4 temps l’énervent, il se retrouve sur les épaules et charge. Je change alors de technique et lui demande les deux temps sur le cercle. Ce qui est étonnant avec ce cheval, c’est qu’il est maintenant plus facile pour lui de faire des deux temps sur le cercle que des 4 temps sur la ligne droite.  Il n’a pas le temps de réfléchir et de se déséquilibrer, il garde l’équilibre.

“Les changements sur le cercle font partie de l’affinement de la réceptivité du cheval aux aides.” Oliveira

J’essaye surtout d’utiliser de moins en moins la main que j’ai encore trop présente au galop, des rappels à l’ordre intérieurs : « baisse tes mains, monte dans ton dos, descente de main, tout dans l’assiette… ». Puis sur une ligne droite, je me pose et pense aux deux temps, ce fut les meilleurs que je n’ai jamais eu. Kelso semblait savoir et s’était préparé dans son équilibre au lieu d’anticiper et de stresser, chaque mouvement fut ample, calme et facile,comme si pour une fois nous avions le temps. Il a vraiment gagné par le travail en extension d’encolure et le travail « libre » de la force dans les muscles de soutien. Je me rends compte alors à quel point il est erroné de vouloir ralentir, cadencer, rassembler un cheval par la main…
Je bénéficiais aussi des avantages du travail rassembler au manège et de la propulsion de l’extérieur, où je tentais souvent des deux temps bien qu’ils soient un peu rapides dans les plaines venteuses.
Sitôt fait, sitôt récompensé, retour direct au box pour petit déjeuner mérité.

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Un commentaire

pour “Journal de dressage – en carrière !”

  1. DARRAS :

    superbe le dernier paragraphe , essayer d’utiliser les mains le moins possible,

    quelle belle phrase : je me rends compte à quel point il est érroné de vouloir ralentir,cadencer,rassembler,un cheval par la main

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