JdD – pourquoi ?

Séance de massage, jeux éthologiques, nous avons varié les plaisirs et partons aujourd’hui nous aérer en extérieur.
“Il y a des chevaux naturellement peureux, que la meilleure éducation ne guérit pas.”
Dupaty de Clam
Pourquoi a-t-il peur de tout, pourquoi anticipe-t-il 50 mètres avant qu’il va peut-être avoir peur d’un bosquet, d’une apparition derrière un tournant et finalement non. Pourquoi aujourd’hui, ne peut-il pas marcher au pas calmement, pourquoi s’emporte-il et fuit-il son ombre comme le diable. Il n’a pas de vent, pas de chasseurs, pas d’électricité dans l’air.
Rênes longues au pas, il court, trébuche, au trot il se laisse emporter au trot allongé puis s’emballe au galop si je le laisse faire, je souhaitais juste un trot cadencé, régulier et lent car le sol est glissant, nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde, nous n’avons pas la même idée. Est-il énervé, souffrant, ou juste joyeux de courir à pleine enjambée, ou bien est-il le reflet de ma propre tension inconsciente ? Il ne comprend pas pourquoi je ne le laisse pas faire, je raffermis le contrôle des mains, des jambes et de l’assiette. Par un effet d’ensemble je lui demande de se calmer mais il trottine se traverse, force la main. Je lâche les rênes au pas pour ne pas rentrer dans le conflit et faire descendre la pression mais c’est trop tard, je n’ai pas su trouver la solution. Ne l’ai-je finalement pas compris au bout de 8 ans ?
Le seul moyen que je trouve pour garder le contrôle est de le concentrer sur ce qu’il sait faire : passage par exemple, car dans le rassembler, je peux maîtriser son énergie. Rarement Kelso a passagé aussi haut et tonique, aussi suspendu et actif, sans faute de rythme ni irrégularité, oreilles pointées au loin, nuque figée, dos raidi, il est brillant de contraction mais cela lui aurait valu l’admiration d’un bon nombre. Transitions pas/passage/pas puis enfin trot enlevé et l’encolure s’abaisse mais le cheval est trempé.
“Tous naissent avec un degré différent d’émotivité.” Parelli
Qu’aurais-je dû faire, descendre et rentrer à pied dès le début ? Certainement.
Découragée une nouvelle fois de mes propres limites.

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2 commentaires

pour “JdD – pourquoi ?”

  1. Pascale :

    Je connais votre site depuis quelques semaines et avait déjà vu quelques vidéos de votre travail avec Kelso : j’apprécie beaucoup ce que vous faites et la façon dont vous le rapportez ainsi que la complicité que vous avez construit avec votre cheval.
    Vous n’hésitez pas à partager vos découvertes, vos bons moments et aussi les mauvais, les jours où tout va de travers, où l’on ne sait plus quoi faire, les jours de doute … J’apprécie parce que c’est parfois ces jours là qui nous font progresser. Et, je lis tellement souvent des cavaliers qui vous disent que tout va bien tout le temps, jamais de problème, légèreté et impulsion tous les jours ! Désolée, mais à moins d’être un écuyer de génie, je n’y crois pas !
    Alors pas de solution miracle pour votre mauvais jour mais poursuivez votre travail et votre journal de dressage : c’est un bon moment de partage.

  2. Emilie :

    Merci,
    Je suis du même avis sur les moments moins prévisibles qui font évoluer. Les doutes et les erreurs font partis du quotidien, pas facile tous les jours de les accepter et de les regarder en face. Merci pour vos encouragements.

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