[JdD] – musicalité

Kelso n’avait pas travaillé depuis une semaine, réunions familiales, enfant malade et travail obligent… Pré donc, alors nous reprenons par une séance de longe.

Après avoir donné de petites touches de pinceau pour embellir  l’oeuvre selon mon idéal, le voilà rebondissant, souple, cadencé et mon oeil se régale. Le cheval avait commencé raide, ramolli et quelque peu irrégulier comme toujours. Puis un peu d’étirement par-ci, d’assouplissement par là, de propulsion et de transitions, plus lent, plus rebondi, plus souple de ce côté, plus d’engagement… comme de petites touches de couleur, d’ombre ou de lumière, je façonne le mouvement afin qu’il vibre tel que je l’entends tout en ne faisant plus rien, il s’équilibre enfin au milieu des nombreuses équations de la locomotion. « Superbe » lui dis-je une caresse sur l’encolure, il réponds d’un bout du nez qui vient frotter mon épaule, échange de bons procédés !

La carrière est comme une plage à marée basse, damée et arrosée, j’entends son tempo cadencé qui lui est récent au trot et au galop, il résonne et berce, nous soupirons ensemble. La symbiose fonctionne, je lui donne par les exercices le chemin de la relaxation et par sa musicalité il m’enracine à son tour.

Kelso est de ces chevaux qui ne progresse pas à coup de mouvements répétés inlassablement tous les jours au contraire, il en perdrait sa disponibilité. Il mûrit dans une toute autre subtilité qui me reste bien mystérieuse, le maître spirituel a besoin d’associer corps et esprit dans le repos et la méditation animale pour en donner le fruit. Difficile alors de ne pas parasiter le système.

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