Entretien avec Clémence Faivre

Clémence Faivre est une jeune comédienne, cavalière et voltigeuse dont le travail des chevaux associe l’art équestre et la liberté dans un soucis constant de plaisir, de respect et de complicité. Entretien avec une passionnée …

Vos photos et vidéos (à apprécier sur www.clemencefaivre.book.fr) montre une osmose complète entre vous et vos chevaux. Quelle que soit la figure demandée – et le répertoire est vaste – montés sans filet ni cordelette, en liberté à pied, et même à distance, les chevaux répondent au quart de tour et se prennent au jeu…

Dressez-vous vos chevaux de façon classique (filet et selle), par exemple pour le piaffer ou le pas espagnol, avant de le leur demander en liberté ?
Avant de mettre les chevaux en liberté je les prépare de façon classique, (bride et selle classique) en basse école et haute école, montés et à pied.
Je travaille à la main près de moi durant de nombreux mois avant de les mettre en liberté afin de pouvoir les corriger rapidement et de les avoir sous contrôle.
Suffisament de temps afin que tout soit clair dans l’esprit du cheval, qu’il comprenne chacun de mes gestes, ainsi que ma voix…
Monté idem, je le prépare durant de nombreux mois afin qu’il puisse réaliser chaque figure juste avec mes jambes.

Combien de temps passez-vous par jour avec un cheval ?
Chaque jour je passe une heure environ par cheval, je l’échauffe en liberté puis je le monte.
Parfois il m’arrive de faire plusieurs fois de courtes séances par jour afin de ne pas l’ennuyer, lors d’une nouvelle figure ; quand il réalise bien l’exercice demandé je le remets au box pour le récompenser, je le laisse tranquille et lui donne quelque chose à manger ; c’est bien plus efficace que de longues séances fatiguantes et il reste sur quelque chose de positif.

Préférez-vous commencer avec un jeune cheval ou en choisir un déjà mis en dressage et qu’il faudra travailler en liberté par la suite ?
Je préfère commencer avec un poulain de trois ans sain de corps et d’esprit, ça évite d’avoir à lui effacer un passé douloureux, à corriger les vices ou les erreurs de dressage, au final je gagne du temps, j’ai juste à lui apprendre et à le mettre à ma main.

Que pensez-vous de l’éthologie enseignée aujourd’hui ? Votre travail se rapproche t-il d’une méthode particulière ?

Pour l’éthologie d’aujourd’hui, j’ai lu Pat Parelli, Monty Roberts, John Lyons, Elisabeth de Corbigny, mais je n’ai jamais assisté à un cours ou à un stage, un jour peut être ; je pense que c’est interressant pour les passionnés d’équitation d’apprendre à aborder le cheval en confiance, dans la tranquilité, la douceur, de comprendre sa manière de penser et de penser comme un cheval, je trouve leur méthode logique, je pense que c’est très bien pour débourrer les poulains, de les travailler à pied, de les rendre respectueux et faciles à manipuler, que le cheval se rassure auprès de l’être humain, lui donne sa confiance et il accepte au final de monter dans un van sans problème. Je pense que c’est une bonne base pour commencer le dressage.
Ma méthode est le fruit de plusieurs rencontres et méthodes de dressage, je pense que j’ai pris le meilleur de chaque méthode à mes yeux, j’ai beaucoup voyagé, regardé, analysé, imaginé.
Einstein a dit que  » L’ imagination est plus importante que la connaissance ».
Dans chaque culture équestre, chaque type de dressage, il y a des « trucs » à prendre. J’ai été formé par Mario Luraschi pendant 2 ans et demi puis je suis partie en Espagne, j’ai passé tous mes mercredis pendant un an à l’ Ecole royale andalouse d’art équestre à regarder les écuyers travailler ; j’ai appris également avec Francisco Baustista, artiste autodidacte, un Mozart de l’équitation en haute école et liberté. Je pense qu’on apprend de tout le monde, des bons, on apprend à travailler les chevaux, et des mauvais exactement ce qu’il ne faut pas faire avec les chevaux.

Qu’est-ce qui rend vos chevaux si réactifs et expressifs ?
Je pense que mes chevaux sont expressifs tout d’abord par leurs caractères, et leurs origines, l’un est portugais et l’autre hispano arabe, ce sont des chevaux fins, vifs, attentionnés, sérieux, sensibles.
Ils ont une alimentation complète et un travail journalier, c’est important.
De plus je joue beaucoup avec eux, j’évite de les ennuyer au travail, je varie mes demandes et les lieux de travail (manège, extérieur), j’essaye de les intéresser, qu’ils gardent toujours envie de travailler, je demande juste quelques foulées bien faites et je récompense beaucoup. C’est très important de demander souvent, se contenter de peu et récompenser.

Flux RSS des commentaires

4 commentaires

pour “Entretien avec Clémence Faivre”

  1. Sara MICHEL :

    Francisco Baustista héhé je prends note! Et vous Emilie, auprès de qui avez vous tiré le plus de satisfaction en terme d’apprentissage équestre?

  2. Emilie :

    Bonjour Sara, merci pour tes commentaires.
    Je ne peux pas dire avoir préféré un enseignement en particulier, j’ai aimé toutes mes rencontres qui ont été complémentaires comme Georges Malleroni au Portugal pour son obsession de la rectitude, M. Henriquet pour sa précision et son exigence, actuellement Jean-Louis Sauvat depuis plus de cinq ans pour sa gymnastique respectueuse et sa philosophie, Magdalena Pommier pour l’éthologie mais je n’ai pas encore beaucoup d’expérience dans ce domaine… de brèves rencontres sont aussi très enrichissantes.
    A bientôt et bon courage
    Emilie

  3. MICHEL Sara :

    Avez vous été employée sur une période plus longue chez monsieur Henriquet ou étiez vous une cavalière stagière comme moi? En tout cas quelle belle rencontre avec votre cheval!

  4. Emilie :

    J’ai eu mes chevaux en pension chez eux pendant 8 ans ce qui m’a permis d’apprendre à leurs cotés en les observant et en prenant quelques cours de temps en temps.

Laisser un commentaire