De la conservation…

Voy, 22 ans.

Quelques remarques d’écuyers du XVIe au XIXe siècle sur la conservation du cheval :

“On voit communément  que les chevaux qui manient des plus beaux  airs et qui durent plus longtemps en bonne école, sont ceux qui ont été moins contraints par la violence à l’ordre de leurs bonnes leçons: et qui par conséquent  n’ont point été souvent étonnés, rebutés ou désepérés , car enfin, il faut que la délicatesse et perfection de tous les airs gaillards naissent autant de l’allégresse du coeur du cheval comme de l’obéissance.” La Broue « Le cavalerice françois » (1593)

“ Cet art, comme l’on sait, renferme trois choses essentielles, qui sont, la connaissance du Cheval, la manière de le dresser, et sa conservation…” La Guérinière « Ecole de cavalerie » (1730)

“ … on les monte trop jeunes, et comme le travail qu’on leur demande est au-dessus de leur force et qu’ils ne sont pas encore formés pour résister à la sujétion qu’ils doivent souffrir avant d’être dressés, on leur force les reins, on affaiblit les jarrets, et on les gâte pour toujours. Le véritable âge pour dresser un Cheval est, six, sept ou huit ans suivant le climat où il est né.”
La Guérinière « Ecole de cavalerie » (1730)

« …il n’y a point d’amélioration possible sans la conservation. Or, on ne peut conserver et développer les jeunes chevaux, fussent-ils de la meileure espèce, qu’en les dressant d’après les conseils et suivant les principes des Ecuyers célèbres qui ont indiqué les moyens les plus simples, les plus naturels et les plus positifs pour les faire réussir. » Aubert « Traité raisonné d’équitation » (1836)

« …le jeune cheval doit être monté pour lui, et non pour faire briller celui qui est dessus. Il était encore passé en proverbe dans les académies, que, plus on veut grandir les jeunes chevaux, plus on les abaisse, pour exprimer cette vérité, qu’en exigeant trop de leurs ressorts et de leurs forces, on use bientôt les premiers et on épuise les secondes. » Aubert « Traité raisonné d’équitation » (1836)

“ Les bons et longs services d’un cheval dépendent toujours de la manière dont il a été commencé. Il ne s’agit pas, sur un poulain, de se hâter d’exiger un travail servant à faire valoir l’adresse et ressortir la promptitude avec laquelle le cavalier peut le soumettre à ses exigences; il faut, au contraire, user de patience pour donner au cheval le temps de se développer, avoir enfin le discernement de juger ce qu’il est en état de donner. Des exigences trop promptes peuvent faire sortir des tares, rompre les allures, faire naître la défense, engendrer des maladies inflammatoires, et venir ainsi, d’une manière désastreuse, influer pour toujours sur l’économie du cheval.” D’Aure « Traité d’équitation » (1834)

« le but du dressage d’école, ce n’est pas l’exhibition, son but est de  faire disparaître chez les chevaux la raideur des articulations, de développer en eux la maniabilité et particulièrement l’aisance à se déplacer en cette attitude d’équilibre dans laquelle ils peuvent aller longtemps, beaucoup plus longtemps que les chevaux qui ne sont pas mis, et avec une moindre dépense de forces. » Général von Josipovich cité par Steinbrecht dans « Le Gymnase du cheval » (1885).

“Rien ne conserve autant les membres et la poitrine d’un cheval que le calme dans le travail… » Franconi « le cavalier et l’écuyer » (1891)

“Chez le cheval comme chez l’homme, la gymnastique, une des bases du dressage, développe les muscles et permet de faire  aisément, sans dépense inutiles de forces, des mouvements ne  s’obtenant d’abord que lourdement et avec fatigue. Dresser un cheval, c’est, je le répète, et j’aurai occasion d’y revenir encore, prolonger  sa durée, parce que cela réduit pour lui la somme d’efforts dépensés dans chaque travail et les chances d’accident.” Le Bon « L’équitation actuelle et ses principes »(1895).

 

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