Vers une équitation consciente

En équitation il semble logique de faire rentrer progressivement le cheval dans le travail, mais combien de cavaliers se préoccupent d’une réelle préparation d’eux-même avant de monter ? La connaissance et la gestion consciente de son corps améliore la connexion et la communication physique et psychique, voire énergétique avec le cheval.

« Une des particularités du taï chi et du qi gong est de ne pas mettre en jeu le muscle en tant que moteur du mouvement, mais de mobiliser l’énergie par l’intention, le muscle étant simplement, au même titre que le reste de la structure du corps, vecteur de conduction. La solution ne consiste pas à contrôler l’énergie mais à trouver des chemins pour ne pas la bloquer. » Sylvia Courant.

Sylvia Courant est thérapeute en énergétique (ostéopathie énergétique et énergétique traditionnelle chinoise). Elle pratique le taï chi chuan et le qi gong depuis 1986. Elle est notamment élève de Maître Chu King Hung (style Yang Originel). Elle enseigne depuis plus de 15 ans.
Cavalière de surcroit, Sylvia nous propose d’approfondir (entre autre) les points particulièrement importants au cavalier comme : la prise de conscience de la zone lombaire, l’enracinement, le travail sur l’axe, sur les épaules (homoplates, ouverture de la poitrine), la verticalité, la mise en relation avec le centre du cheval, la notion du centre du système cheval-cavalier, la respiration, la détente, l’exploration des lignes de force et  des lieux de crispation et de fluidité qui nous habitent…
Nous organiserons pour commencer une journée de 3 heures matin et 3 heures après-midi sur le cavalier lui-même dans le but de poursuivre par des matinées à pied et des après-midi à cheval (à priori dans le 78)
Avis aux amateurs > emilie.haillot[at]wanadoo[point]fr

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5 commentaires

pour “Vers une équitation consciente”

  1. Sara MICHEL :

    Oui! De plus en plus je me rend compte que lorque l’on considère notre passion comme un art et que l’on veut se donner les moyens de progresser dans « notre expression artistique » en partenariat avec un cheval; il est nécessaire d’organiser sa vie autour de cet objectif.
    On ne peut pas se dire: c’est ma passion à laquelle je consacre telle ou telle partie de mon temps, et le reste du temps je fais les choses obligatoires. Non, même si ce temps est assez considérable (pour ceux qui ont de la chance) l’objectif doit être en tâche de fond tout le temps, il faut préparer son corps, son esprit, s’organiser 24h/24 (on dort même pour lui) dans l’optique de cette passion!
    La question est: cela ne fait-il pas de nous des malades mentaux? des obcetionnels au sens pathoogique du terme? Suis-je la seule à me demander parfois si je ne suis pas tout bettement folle?
    Cette question me vient souvent face à l’incompréhension totale des gens non passionés, avec leurs yeux ronds et leur air de dire « mais qu’y a t-il de si passionnant dans tout ça? ». Je me dis alors « les pauvres, ils ne comprennent pas et passent à coté de choses si merveilleuses »; le hic c’est que TOUT LE MONDE réagit comme ça! Alors je me demande finalement dans quelle mesure, ce n’est pas nous les « anormaux »; si cette passion ne nous plonge pas dans une folie inconsciente, mais qui nous rend heureux.
    Le questionnement suivant est « faut-il lutter? »
    Et le dernier: « Qu’est-ce qui fait avancer les non passionnés dans la vie? », comment font ces gens qui vivent pour vivre?

    Oulaaa je suis partie un peu en live là, mais en même temps, ce sont des questions que je me pose vraiment, d’autant que j’en suis au début du début de cet quête lol! Et elle me paraît une montagne, alors forcément même si c’est mon voeux le plus cher, je me demande au juste pourquoi c’est mon voeux!
    Si tu t’es déja posé ce genre de question…
    Si tu as des éléments de réponses, ou même si tu pouvais me parler de la façon dont tu gère ton temps, pour vivre, pour te former à tous ces à cotés comme le taï chi, pour gagner ta vie..et pour mener ta passion, je suis vivement interressée!!

  2. Emilie :

    Et bien voici beacoup de questions existentielles qui font parti du lot des passionnés, ne t’inquiètes pas, tu es tout à fait normale.
    En 1773 Mottin de la Balme écrivait :
    “ On aurait tord d’être étonner que les Ecuyers aient tant de sujets de se passionner pour l’exercice du cheval…” puis “…dans les commencement où j’ai exercer à cheval, je passais souvent des nuits sans dormir, les jours n’étaient jamais venus assez tôt, les congés étaient d’une longueur insupportable, j’étais sans cesse à cheval, soit réellement ou d’imagination, c’était un tressaillement de joie lorsque j’approchais un cheval. c’était mon élément, mon tout enfin.”
    Depuis des siècles, des Hommes ont passé leurs vies entières à étudier le cheval, monter, lire, écrire, se remettre en question, ils y ont même perdus leurs plus belles amitiés en s’isolant, en s’obsédant pour l’objet unique de leur passion : le cheval.
    Pour Bernard Chiris, “Elle devient vite dévorante, en temps, en argent, et en exigence vis-à-vis de soi et du cheval. le cavalier en arrive souvent à organiser sa vie autour de sa passion. Il se bat pour trouver à chaque fois le temps de se consacrer aux chevaux. Pourtant, au nom de cette passion, il n’hésite pas un seul instant à accepter renonciations, contraintes et difficultés en tout genre. (…) L’amour du cheval est conçu comme un art de vie, une quête de soi.”
    et Pat Parelli « L’équitation devient presque une religion. On y pense en permanence. » Cela te rassure-t’il ?

    Pour comprendre cette quête, Pierre Pradier écrit que “…le but ultime de l’équitation réside dans l’amélioration du cavalier.” , les chevaux nous projettent face à nous-même, nous demandent d’être vrais, d’accepter nos défauts, une vraie recherche d’authenticité et de sagesse. Pour l’art équestre des qualités essentielles sont à développer et cela peut parfois durer toute la vie, ce que peu de personnes peuvent accepter. Pour Pellier (XIX° siècle), l’équitation artistique “…exige des travaux sérieux et longs, secondés par une aptitude spéciale; elle n’est donc pas le partage du grand nombre. De plus, dans un siècle mercantile et positif, on veut vivre vite et trouver pour son argent des jouissances immédiates et faciles, elle ne peut être érigée en mode…” et pour Padirac (XX°s) “Un art ne se bricole pas. Il doit être le reflet (…) d’une expérience, d’un travail, d’une concentration et d’une abnégation absolus.”
    Pour cela il faut effectivement faire un choix de vie sinon l’on passe à côté de l’essentiel sans aller au fond des choses. Et c’est évident que cette passion dévorante te fait passer souvent pour un énergumène hors du temps et obsessionnel.
    Steinbrecht en 1885 écrivait que les qualités du de l’homme de cheval sont ,entre autre, « …une inépuisable patience, une solide endurance à la fatigue, du courage uni à une tranquille présence d’esprit. C’est uniquement l’amour du cheval, un amour véritablement ardent qui pourra enrichir ces qualités, lorsqu’elle existent en germe, et les hausser jusqu’à ce dernier degré de perfection, qui, seul, conduit au but.» C’est un investissement entier de l’ordre du dévouement mais il ne faut pas se forcer, cela devient un état d’esprit et une philosophie de vie, cela doit être naturel, comme une évidence.
    Comme tu le fais toi-même, cotoyer les chevaux amène à se poser des questions et ce tous les jours, parfois il n’y a pas de réponse, l’important étant de se poser la question.

    Alors à ta question comment je gère mon temps pour accéder à toutes ces belles choses, pour l’instant ce n’est pas encore l’osmose mais j’y travaille !
    J’ai réussi durant mes études de graphisme à aller monter à cheval entre les heures de cours puis j’ai négocié quand j’ai commencé à travailler des horaires aménagées. Je suis en effet directeur artistique dans une agence de presse à Paris et à plein temps ( le cheval coûte cher). Je vais très tôt le matin monter mon lusitanien puis pars travailler et reste plus tard; dans le bus, je lis, les week-end je jongle entre cours avec des maîtres passionnants, formations diverses vers l’énergétique, compétition et autres expériences diverses. Ce qui en souffre bien sûr : l’alimentation, les amis, le repos, l’écologie (500 km/semaine),la vie sociale, la société de consommation (plus de télé, pas de shopping…) mais je m’épanouie dans cette boulimie d’apprendre en suivant les conseils de Newcastle (1637) “…Les Arts, les Sciences et les belles qualités ne s’acquièrent point en dormant, et ne viennent pas par instinct, ni par inspiration; mais plutôt par étude, par travail et par une longue pratique…” à laquelle les autres me répètent “je ne sais pas comment tu fais!”. Moi non plus.
    Bon courage et bonne route
    Emilie

  3. Hodiesne Th. :

    J’aime Bien l’ensemble de ta réponse Emilie,
    Mais particulièrement le dernier paragraphe.
    Une petite phrase que j’aime bien aussi, et qui résume bien
    comment s’épèle le mot chance (par Pat Parelli) : T.R.A.V.A.I.L..
    Amicalement
    Thierry

  4. Sara MICHEL :

    Merci beaucoup pour cette réponse aussi complète que je pouvais l’espérer !! Et Joyeuses fêtes !!!

  5. Virginie :

    Certes,
    toute passion peut est dévorante pour ceux qui la vivent. Quelle que soit la discipline, à partir du moment ou on fini par ne penser qu’à ça ou presque, cela devient un choix de vie. L’entourage, si il ne partage pas cette passion, est forcement frustré car mis à l’écart. Plus l’entourage est proche et plus c’est difficile pour eux. Un enfant une compagne ou un compagnon peut être malheureux car il n’est n’est plus au centre de vos intérêts. C’est terriblement humain.

    « Tu ne penses qu’à ton cheval, il passe toujours avant nous… »

    Combien de fois ai-je entendu cela de la part de mes enfants. Les enfants sont exclusifs, mais ils vous renvoient à votre propre réalité. Oui, mon cheval prenait beaucoup trop de place. Il fallait agir pour que chacun puisse normalement prendre sa place.
    Aujourd’hui c’est chose faite. Quelques aménagements et je peux librement vivre ma passion. L’équilibre est fragile, mais il faut absolument le préserver. Lorsque je suis avec mon cheval, je suis tout à lui sans culpabilité. Je me préoccupe de sa vie de « presque cheval » (car il vit quand même entre quatre planches et le paddock n’est pas la liberté). Le protocole de travail est le mieux adapté possible en fonction de son état et de sa progression et je passe un véritable moment de plaisir même si il y a des frustrations.

    Vais-je accéder à ce qu’on appel l’art équestre ? En tout cas je m’y emploie.
    Lectures choisies, partage d’expérience, apprentissage pratique auprès de véritables savants de la discipline et grands connaisseurs de « l’animal cheval ». Un long travail d’apprentissage, beaucoup d’humilité et de remise en question de sois car IL ne triche jamais ; à moi d’être juste et de lui laisser le temps. Patience !

    La complicité grandissante entre nous et le développement de ses performances me laissent à penser que nous atteindrons, un jour peut-être et ensemble, (si lui aussi se fait plaisir) le graal des cavaliers, en tout cas mon graal à moi.

    Tout est une question de conscience et d’organisation. Faire des choix raisonnés comme pratiquer une équitation raisonnée elle aussi. Avoir conscience que de posséder un cheval à sois est un grand engagement. Avoir conscience de ce qu’il est, ne pas faire de psychomorphologie, maladie malheureusement très répandue dans les centres équestres. Tellement de chevaux sont malades des hommes. Triste constat !

    C’est là l’énorme différence avec les autres passions. Un peintre passionné peut user ses pinceaux jusqu’à la corne, ils n’en souffriront pas. Mais pour l’entourage, le problème restera le même. S’isoler dans son atelier sera son choix, pas obligatoirement celui de ses proches…

    Vivez votre passion, soyez conscient de ce qu’elle est, de ses conséquences. Faite les choix pour gérer votre entourage qui n’a probablement pas les mêmes repères que vous tout simplement. La folie, oui oui, aller chercher un graal à cheval c’est complètement dingue, mais tout cela n’est QUE mon avis…

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