Pas de pied, pas de Kelso…

J’avais rêvé, tant que la santé et la forme lui permettrait, de continuer de monter Kelso tranquillement, de le maintenir en activité, et pourquoi pas reprendre les changements de pied au temps pour dépasser le cap des 5,  et pourquoi pas … de continuer de me laisser transporter par la finesse de ce cheval.

D’un part Kelso en a décidé autrement, sa vie en couple l’a totalement déconnecté de notre relation, sa priorité absolu est de devenir l’ombre de Luxxa. Dès lors que je les sépare, c’est la torture, l’emmener dans la carrière est pour lui insoutenable, il hume, la cherche du regard, tout son être vibre pour elle et je ne suis plus rien, son corps entier est contracté, il s’affole, sa respiration accélère, son corps est là, son esprit est là-bas et rien dans nos plus nobles années ne pourra le faire revenir sans résignation… J’observe avec acceptation et un certain lâcher-prise l’influence de son cadeau de pré-retraite, je contemple le retour aux sources primitives, le cheval blanc est redevenu sauvage…

Kelso, 20 ans

Passons.

D’autre part, Kelso a commencé il y a 6 mois en plein hiver, à faire des abcès en talon, les pieds baignant dans la boue et l’humidité des prairies.

Symptômes classiques, le membre gonfle, le pied est chaud, il est très boiteux, puis retour au calme comme si l’abcès était sorti. Mais la fourchette se nécrose, et commence à émerger une sorte de boule sanguinolente qui grossit comme un tumeur. Malgré les cloches, son postérieur scalpe la blessure, qui se reforme. J ’essaye les pansements à la graine de lin, huile essentielle de Tea Tree, ou argile verte en lui faisant passer les nuits au sec mais la plaie ne cicatrise pas, continue d’être à vif et de suinter. La blessure est permanente.

29 mars

Le 19 avril, je le montre au vétérinaire de passage qui est assez étonné, n’a jamais vu ça, se demande si c’est cancéreux, me dit qu’il faudrait la faire analyser, et décide de la couper. Très irriguée, la blessure saigne beaucoup, pansements. Il me dit que si ça repousse, il faudrait songer à une chirurgie en clinique mais alors, il faudrait creuser au moins 3cm de plus en profondeur autour de la  plaie afin d’être sûr d’avoir éliminé tous les tissus dégénérants. De plus, très mal placée, le risque est que le postérieur ou le sol irrégulier continueraient  de venir solliciter la zone, le pronostic semble assez négatif, et la solution finale est à envisager.

Voici donc les faits, je passe sur les moments de solitude et les états d’âme où l’impuissance revient en boucle après avoir fait le tour du cercle vicieux… le voir souffrir et ne pas pouvoir l’aider est assez indigeste.

Mi avril, pour soutenir son système immunitaire, je commence un traitement de fond avec  EQUIMMUNE GOLD (Hilton Herb / Teintures à 1:3 de racines d’Echinacée pourpre, feuilles de gotu kola, graines de chardon marie, gratteron, feuilles d’ortie, racines de bardane, cynorrhodon).

Un mois plus tard,  la boule se reforme lentement.

19 mai, la boule repousse

19 mai, la boule repousse

Puis je découvre cette vidéo de Gwennaël Cadet sur l’infection profonde de la fourchette (http://www.youtube.com/watch?v=jOC9KBFvBmg), et d’après mes intuitions, je pencherai plus pour cette situation, dans mon cas avec complications :  blessure qui ne cicatrise pas et dérèglement de la croissance cellulaire entrainant la croissance permanente d’une tumeur.

Je mets alors un élastique serré autour de la boule qui s’est reformée, tout en colmatant profondément la lacune avec du HOOF-STUFF (Red Horse / miel, Oxyde de zinc, fibre de coton, mastic pour sabots aux propriétés antimicrobiennes puissantes) et badigeonnant la plaie avec du HONEYHEAL (Red Horse / miel, oxyde de zinc, jus d’aloe vera), en soins quotidiens (et du bleu antibiotique pendant 3 jours). Kelso a aussi la chance de bénéficier des soins shiatsu d’Estelle Boukhchim. Gustave, magnétiseur, passe aussi apposer ses mains.

Hoof Stuff, Honeyheal

07 juin, la boule est tombée

07 juin

19 juin : la plaie est cicatrisée !

19 juin

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2 commentaires

pour “Pas de pied, pas de Kelso…”

  1. Hengé Marie Hélène :

    Merci de partager avec nous « l’intimité «  de votre vie équestre. Cela renvoie souvent à des situations analogues avec nos propres chevaux et permet d’éclairer différemment une difficulté.
    Et l’histoire de pied de Kelso est aussi bien instructive. Il faut suivre ses intuitions et ne jamais rien lâcher !

  2. Emilie :

    Merci, c’est un peu pour cela que je les partage, je me dis que ça peut toujours servir !

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