Front de Libération des Encolures

Je fais le tour des écuries, des chevaux magnifiques aux encolures élancées et bien greffées se reposent … Je dois écarter de mon enquête les raccourcisseurs de paille et dois bien me rendre à l’évidence, les encolures ne disparaissent qu’en présence d’un cavalier. Jardy, concours national de dressage, Grand Prix… Du haut de son regard noir ahuri, un cheval m’interpelle, “je suis membre du Front de Libération des Encolures”, unissons-nous…

Voilà des années que je n’y allais plus (regarder les compétitions de dressage), n’y trouvant aucun idéal à ma recherche équestre bien au contraire, je repartais souvent déçue du haut niveau français dont j’attendais à mes débuts, comme tout sportif passionné cherchant chez les meilleurs un objectif à atteindre, une exemplarité parfaite. Rien de ce que je voyais ne ressemblait à l’osmose, à la complicité, à l’expression libre et artistique d’un cheval rendu beau par le talent et la discrétion de son cavalier. Mais récemment et plusieurs fois l’on m’a dit « tu sais, les choses sont entrain de changer… »

Colère est le sentiment qui me pollue depuis ce petit coup d’oeil sur les rectangles ce week-end.
Ni art ni sport mais du show, me rappelant ces vidéos choquantes sur les Tennessee Walker (chevaux torturés afin d’obtenir des allures artificielles exubérantes et gagner des prix). La comparaison est cruelle, mais pas si éloignée. Pourtant, je suis tolérante, il m’est arrivée également de m’énerver, de vouloir obtenir tout de suite ce que le cheval ne peux donner, d’exiger par la force une attitude ou un mouvement ou d’insister avec colère sur une résistance (et ce au prix d’une longue culpabilité et de la prise de conscience douloureuse de mes limites).
Je ne vois ni culpabilité, ni état d’âme dans le comportement de certains cavaliers de l’élite nationale qui ont passé la séance d’échauffement à casser la gueule – et je n’ouvre pas les guillemets – à leurs chevaux. Pas un coup de manchette discret ou un coup d’éperon punitif isolé, témoignant déjà d’une certaine médiocrité, mais plutôt un massacre permanent et conscient.

Dans un show, il faut briller, il faut du spectaculaire. Or, la décontraction ne produit pas le spectaculaire, et le spectaculaire semble le critère majeur pour prendre des points. Pousser le cheval à être spectaculaire, c’est pousser le cheval à bout, le provoquer sous la contrainte et la violence, dans la compression, par une équitation de l’avant vers l’arrière, pour obtenir des mouvements exubérants, des trot allongés façon boxe, du trot suspendu par la main (« passage » dans le texte)… Nouvelles allures artificielles applaudies, je ne reviens pas sur ce qui a été suffisamment dit et prouvé (Gerd Heuschmann, Pierre Pradier, Jean-Marie Denois …) sur la souffrance psychologique et physique induite par ces méthodes.
Le cheval se défend, comme il doit le faire depuis 10 ans, tous les jours de sa vie, il est devenu résistance, sa musculature en témoigne. Il se prend des coups dans le ventre et dans la bouche, ou les deux en même temps, il se fait cisailler la bouche, balancer la tête à gauche puis à droite par de violents coups de main, plaquer le menton sur le poitrail tout en devant piaffer, appuyer ou changer de pied, tout son corps surchauffe, attaqué en permanence sans raison, sans comprendre, les muscles compressés, les vertèbres sous pression, l’hideux tableau est admiré.
Puni, il offre tout de même de jolies notes, et reçoit pour remerciements une récupération en mode gauche droite et de grandes claques sur l’encolure. Pourtant ce n’est pas faute de s’exprimer, la queue est un hélicoptère, les oreilles couchées en arrière, la bouche grande ouverte malgré la muserolle serrée, les yeux vides. L’esprit du cheval à quitter son corps livré à la science inculte, mort d’identité.

Colère donc contre les cavaliers fossoyeurs, les entraîneurs qui cautionnent, les juges qui encouragent, les spectateurs qui applaudissent…

Rien de ce que je vois n’est équilibre
Rien de ce que je vois n’est rectitude
Rien de ce que je vois n’est fluidité
Rien de ce que je vois n’est vraie impulsion
Rien de ce que je vois n’est légèreté
Rien de ce que je vois n’est beau
Rien de ce que je vois n’est Équitation
Équitation perdue, à quoi bon ?

Un enfant passe en vélo devant la carrière du Grand-Prix :
“-Attend, regarde, c’est le Grand Prix”
lui dit son père
- Dis donc le cheval  n’a pas l’air content !”
“-Essaye déjà d’en faire autant…avant de critiquer !
Je me retourne dans l’espoir d’encourager l’enfant à garder ses intuitions, mais ils étaient déjà partis et je me dis silencieusement : « pourvu que jamais, je n’arrive à en faire autant !”

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39 commentaires

pour “Front de Libération des Encolures”

  1. anne dewilde :

    Magnifique texte il n y a rien a ajouter ou a enlever

  2. LAURENTI :

    Merci de dire tout haut ce que j’éprouve , quel massacre ! pauvres chevaux, j’ai beaucoup de peine pour eux.

  3. Marion Scali :

    Deux anecdotes… A Lyon, je ne sais plus quelle épreuve, genre Grand Prix international. On regarde, avec Jean-Louis Sauvat. On « joue à être juge »… Notre « élu » sera classé bon dernier !
    Une seconde qui me laisse perplexe, maintenant que je te lis, mais qui renvoie à la première anecdote: assistant à un stage de l’entraineur national, j’ai été conquise: il ne cessait de demander à ses « ouailles », tous cavaliers de haut niveau, d’avancer les mains, avec une astuce: il leur demandait de caresser le cheval des deux mains, loin sur l’encolure!
    Manifestement, les encolures courtes n’empêchent pas d’avoir des 70% et plus…
    Encore plus troublant, assistant à un autre stage avec une juge française, elle n’a dit aux cavaliers qu’elle faisait travailler que des choses qui me semblaient juste… Mais quand elle note, visiblement, ça change.
    Mais là où c’est vrai que ça a changé, c’est que les chevaux au top mondial sont ceux de la Charlotte et de son coach, et ils sont beaux à voir…
    Je n’y pige que couic, mais ce qui est sûr, c’est que je ne vais JAMAIS plus voir des compétitions de dressage… Même pas sur Equidia !

  4. Claire Vandenbulcke :

    Juste bravo ! et merci, à force je finissais par me demander si c’était moi qui nettoyais mes lunettes au gras de jambon… ou si c’était les juges et le public de ces euh, comment dire… manifestations? Pour ne pas dire autre chose.

  5. Chantal Huveneers :

    Pertinente analyse, justesse des mots et sentiments que ces « spectacles » génèrent! A cent pour cent d’accord avec vous!

  6. Edith Orozco :

    J’ai eu la meme reaction il y a trois ans. Depuis, je voudrais que l’on trouve un autre terme pour differencier le dressage yoga/assouplissement version traditionelle de ce dit-dressage qui n’a de spectaculaire que le degout qu’il evoque.
    Encore une fois, Emilie, tes dessins sont absoluments merveilleux, et les regards evoquent les grandes peintures classiques des chevaux de guerre. Le dressage de competition est-il donc devenu champs de bataille?

  7. Céline Thieullen :

    petite, quand je regardais un cheval dérouler sa reprise (en musique) sur les grand prix, je regardais la queue: çà c’est Maman « si la queue fouaille, c’est que son cavalier le gêne ». plutôt un bon point de contrôle de décontraction, non? je le fais toujours, avec des yeux nouveaux sur le dialogue que doit être l’équitation, je n’en vois plus qui ne manifestent leur gêne, douleur, anxiété, colère.
    Merci Emilie Haillot, d’écrire pourquoi le dressage trouve ses meilleurs cavaliers en dehors du circuit compèt: le circuit ne sert qu’à donner un triste faire valoir à l’égo de gens invalides d’émotions altruistes et artistiques. les chevaux produits en série pour ce circuit sont pitoyables dans leur talents extrêmes, dont la soumission aux instruments et un trot « Heil ! » sont une composante délirante.
    un cheval relaxe, précis, aérien (surtout pour danser en musique), et non contraint, est tellement plus beau, même s’il ne trotte pas « heil ! »…mais bon, c’est à dire que beaucoup de cavaliers ne pourraient pas présenter leurs montures avant des années (3-4 ans) d’un travail de base sur le dialogue, sur la musculature progressive, et surtout surtout sur eux-mêmes. Oui, en effet, pas de spectacle dans tout çà…
    j’aime encore regarder quelques rediff de compèt haut niveau sur une certaine chaîne dédiée, et si la plupart sont pitoyable, certains (rarement les très officiels « meilleurs ») m’arrachent quelques larmes tellement leur travail semble fluide et dansant.
    Maintenant, comment comptez vous aider la filière équestre à se rendre compte de sa médiocrité et de sa violence gratuite? comment comptez vous communiquer sur le fait que le vrai problème d’un cheval est (et a toujours été) son cavalier? comment comptez vous faire prendre conscience que le travail primaire d’une école d’équitation quelle qu’elle soit doit proposer une éducation consciente du cavalier à ses sensations, et au dialogue avec un cheval avant celle du cheval? (çà c’est piti clin d’oeil à Claire Vandenbulcke et aux Chevaux D’Arcand, ouf! de telles écoles rares existent déjà) et enfin comment allons nous pouvoir faire passer un message de mécontentement à la Fédé? (dans le message, déjà on pourrait demander que l’utilisation d’un mors, d’une bride à fortiori, devienne une option? ce serait déjà une part de leur salut…)
    Merci Emilie, spéciale garantie sur la circulation de votre message sur le réseau FB.

  8. Orianne :

    Exactement le même sentiment lors de la 1e étape du Grand National au Mans. Comme un sentiment de malaise en quittant le manège (avant la fin de l’épreuve)… Des détentes qui prennent l’apparence d’une bataille entre le cheval et son cavalier, pas un cheval au piaffer mais beaucoup d’entre eux s’agaçant, fouaillant de la queue, se mettant debout, lançant de grands coups de tête pour se libérer de mains les emprisonnant dans des attitudes figées. Un grand moment de remise en question qui a réussi à me faire me demander si je n’infligeais pas moi-même des sévices à mon cheval en pratiquant le dressage…avant que je ne me ressaisisse et ne réalise, une fois encore, que le « dressage » tel que je l’ai vu ce jour-là n’en était pas…

  9. portalis :

    AMEN !! et merci !!

  10. GAUTIER :

    Bonjour et bravo Emilie tu viens de traduire ce que je pense a la perfection c est exactement ce que je pense et aussi et surtout ce que je ressens avant tout
    La compétition de dressage est un jeu de massacre ou la torture physique et psychologique sont omniprésentes
    Osons dénoncer et tentons d’inculquer une vraie culture et un vrai respect de ce merveilleux compagnon
    Je ne vais quasiment jamais voir les concours de dressage A petit niveau c ‘est n importe quoi et a pleurer mais comme souvent les moyens permettent de changer de monture pas grave !!! a au niveau c ‘est scandaleux de cruauté et d auto suffisance Je suis d’accord CELA N A DE DRESSAGE QUE LE NOM !!!!!!amities Nelly

  11. S Durand :

    Bravo et merci d’énoncer cela !

  12. Elisa :

    Cri du coeur, faites passer..

  13. Nabiço :

    Bravo

  14. Martine Clerc :

    Merci d’oser écrire si juste et sincèrement sur ce sujet ! Je vais cesser de chercher les lunettes qui m’auraient aidée à faire coller ce que je vois depuis si longtemps avec les commentaires flatteurs et élogieux incompréhensibles.

  15. claude rosière :

    bravo pour ce texte éclairé! Malheureusement c’est à la base de la pyramide qu’il faut s’attaquer si je puis dire. Les coachs aux débutants sont en premier responsable de cette culture du « taper dedans,tirer dessus ». C’est un cercle vicieux qui ne peux se rompre que par l’exemple .

  16. Goujon :

    Ce texte est aussi poignant qu’ il respire l authenticité. C est à nous, amoureux et passionnés de chevaux, avant l amour et la passion de l’équitation, de ne jamais perdre de vue l’intérêt du cheval. Ce qu’il sait faire, ce qu’il ne sait pas encore faire et ce qu’il ne saura peut être jamais faire. Respectons le. Aimons le déjà pour tout ce qu’il nous offre. Ne brûlons pas les étapes. Et surtout prenons soin de lui, dans le respect et l’amour qu’il mérite.

  17. lelandais :

    A cheval dès l’âge de huit ans, 47 ans plus tard, je passe ma vie au milieu de mes chevaux sans objectif particulier ou, peut être, juste pour leur donner un espace de vie agréable. Je suis leur esclave conscient. Chaque minute, en solitaire dans ma campagne isolée, j’observe mes étalons, mes juments et leurs petits évoluer, grandir, jouer et s’épanouir dans des danses ou des mouvements libres de contraintes. Enfin presque, car la pression foncière agricole ne me laisse que deux hectares…

    L’Art est dans la Nature. Notre Culture devrait amener l’Homme à comprendre avant de demander. Mais, pour entendre ce que nos amis ont à nous apprendre, ne faudrait il pas en priorité « dé-formater » et libérer la Naturalité de l’Homme ?

    Jacques

  18. Isabelle Dorand :

    Beau témoignage des emotions que nous rescentons en constatant cette décadence de l’équitation dite « moderne » et la souffrance de ces magnifiques chevaux à qui l’ont prend leur âme en supposant les faire « danser ». Merci, je m’y croyais…. Merci de si bien retransmettre le pathétique et l’incongru de ces Situations…. Est-ce que ce monde est sérieux?

  19. GUY BOIVIN :

    Extraits de « Souvenirs équestres » du Général Wattel, chapitre : Épreuves de dressages internationales:
    « La FEI ….décida de modifier la reprise, d’en augmenter la difficulté. Chaque nation voulut y introduire les mouvements qu’elle croyait susceptibles de favoriser les nationaux. Cela donna lieu à une succession de réunions………les allures passage, piaffer furent ajoutées…… DE CES DISCUSSIONS SORTIT UNE REPRISE QUI ÉTAIT UN MONSTRE DE DIFFICULTÉS ACCUMULÉES, une série de traquenards, de pièges, un résumé de toutes les difficultés équestres. …… »Je n’étais pas convaincu de l’excellence de la reprise pour démontrer la valeur du cavalier et du dressage du cheval. Il me semble que cette reprise si difficile,si pleine de pièges et la façon de la noter enlevaient une partie de la valeur artistique à cette présentation. »……. »On a dit que ces épreuves faisaient faire des progrès à la science de l’art équestre. Je ne le pense pas. je ne l’ai pas constaté. »

  20. Laurent :

    Je n’ai jamais assisté à une compétiton de dressage. Il faudrait que je le fasse une fois pour me rendre compte du niveau d’ignorance des cavaliers. Si c’est tel que vous le racontez, c’est écoeurant. La violence est forcément due à cette ignorance. Ils ne savent pas faire autrement. Les malheureux chevaux paient l’ignorance des enseignants et des juges. Le changement ne viendra que par l’éducation mais ce n’est pas demain la veille. Le niveau de formation des enseigants est toujours lamentable. En attendant, il faudrait interdire la bride et les éperons. Les cavaliers feraient moins les malins.

  21. Maryan :

    Magnifique texte, si juste et exact reflet de ma pensée.
    Merci.

  22. M.Sophie Brou :

    rien à rajouter aprés avoir lu tous les commentaires ou peut être juste un mot un seul: MERCI pour eux !…je partage ton joli texte sur mon FB….il suffit de regarder avec son coeur pour ne pas être duppe face à tous ces malheureux chevaux formatés sur le même moule celui de la souffrance morale et physique aux gestes parosistiques artificiels qui ne peuvent que nous faire venir les larmes aux yeux….de dégout !…pou leurs cavaliers !

  23. M.Sophie Brou :

    rien à rajouter aprés avoir lu tous les commentaires ou peut être juste un mot un seul: MERCI pour eux !…je partage ton joli texte sur FB….il suffit de regarder avec son coeur pour ne pas être duppe face à tous ces malheureux chevaux formatés sur le même moule celui de la souffrance morale et physique aux gestes paroxistiques artificiels qui ne peuvent que nous faire venir les larmes aux yeux….de dégout !…pour leurs cavaliers !

  24. Van Steenbrugghe Typhaine :

    Le problème c’est que ces « super cavaliers de Dressage » sont persuadés d’être dans le juste, et qu’il n’y a pas d’autre moyen de travailler leurs chevaux qu’en les encapuchonnant, afin soit disant d’ assouplir leur dos et d’obtenir d’eux le meilleur le jour J…
    Et quand vous avez un problème de décontraction avec votre cheval, ils n’ont pas d’autre conseil à vous donner que de travailler votre cheval le nez dans le poitrail!… C’est désespérant!…
    Heureusement que tout le monde ne cherche pas la compétition!
    Merci Emily de montrer une autre voie!…

  25. Joubert Ghislaine :

    Bravo, et merci…

  26. cherubin :

    je suis quelque peu réconfortée car je me sens moins seule….mais c’est triste à pleurer! vous avez exprimé ma pensée dans le moindre détail; merci.

  27. Utopia :

    Bonsoir,

    Oui oui, vous avez raison.
    C’est abominable. Et surtout dommageable. Pour les chevaux, qui sont des esclaves, pour l’équitation, qui est factice, pour l’humain, qui du coup, deviens un esclavagiste …..
    Mais depuis un certains temps, il y a quelque chose qui me gêne.
    Ce qui manque ??? Que nous, les  » ceux qui crions » montrions, osions.
    Ah ?
    Et là
    Pfffffuit, plus personne.
    C’est vrai,
    On va s’en prendre, plein la G…..
    Vrai on va pas gagner tellement les juges ils sont « déformés de l’œil »
    Oui, on va se gamèler car le trot heï , c’est si moche et inutile à l’art équestre que à moins de se sentir bouffons on ne l’imposera pas à nos chevaux.
    Par dignité
    Oui, ils vont rire
    Bon
    Riez, en attendant
    Nous pourrions aussi, leurs montrer
    Le plaisir de monter, pour le cheval et soi
    La joie que l’on éprouve lorsque l’on a lâché l’ego sur le bord et que le passage deviens léger
    L’émotion quand par miracle l’on est en apesanteur dans un allongement lent sur des rênes fils d’ariane
    L’étonnement quand le cheval prends son temps et que cela semble suspendu et si fort en même temps.
    L’humilité de savoir se rater sans massacrer les flancs de son cheval
    Celle aussi de savoir quand on tire trop, par ce que la bouche s’ouvre…
    Au lieu de la ultra serrée-muserolle-prison, (avec moumoute (LE comble)
    Ben oui…. C’était de notre faute.
    Être admiratif, quand l’autre sur un cheval moins  » parfait »
    A force de travail et d’empathie
    Obtiens un piaffer fabuleux, certes pas haut
    Mais hautement improbable à la base.
    C’est ça le dressage aussi, du travail, pas que celui de l’éleveur…..
    Alors là
    Moi j’en connais dans les tribunes, leurs mouchoirs sortiront …
    Là, je suis sûre qu’au lieu d’être vides, elles se rempliront ses fichues tribunes-vides du dressage
    Par ce que moi
    Écuyère de profession ( de foi ) :)
    Qu’est ce que je m’ennuie dans ces tribunes.
    Rien à voir
    Sauf maintenant en plus on assiste à un jeu (gloups) de massacre, que l’on en sort en colère et bouleversé,
    Équitation-combat,
    Inutile,
    Et qui génère tant de défenses qu’ils leurs faut inventer des armes lourdes et chimiques pour pouvoir travailler !!!!
    Des dingues !
    Alors, nous , dans notre coin, en partie grâce à une mécène merveilleuse, en partie par abnégation quotidienne, de luttes contre la violence établie.
    En partie grace à de merveilleux chevaux qui sont venus habiter chez nous,
    On se prépare
    On travaille, se remet en cause, avance.
    L’on essaye de ne surtout pas se faire engloutir par l’horrible Bâal du dressage fédéral, (l’égo en chacun n’est jamais loin)
    Et on veux dire. Arrêter les chapelles ardentes, ou l’on sacrifie les Autres.
    Ils sont souvent très bons , les Autres.
    Mais n’ont peut être pas le courage d’être différents… Aussi
    Comme le dit si justement À.Froment.
    Retrouver la promesse d’enfance , le rêve que l’on s’était promis, à soi meme.
    Arrêtez sa propre trahison.
    Alors, l’on a un cheval ( lusitanien) sûrement de qualité international, un autre très jeune, de grosse pointure fils de champion ( croisé allemand- portugais) un entre deux (espagnol) danseur né, plus quelques autres fabuleux sabotés.
    Quand on seras sereins
    On iras
    Pas pour gagner
    Pas pour prouver
    Pas pour critiquer
    Juste pour montrer
    Que sans heurts et sans violences
    Cela existe aussi
    Et que c’est très beau
    Très précis
    Très fin
    Très difficile
    Très réjouissant….. Aussi.
    Et pas pour la coupe……
    Qui elle, à mon sens est bue, jusqu’à la lie !
    Qui en est????
    Qui ose ???
    Au lieu de crier seuls. Unissons nos forces. Et juste montrer.
    Zen.
    Sans affrontements. Une sorte de sobriété heureuse, mais aussi du coup réussie.
    Le sentiment d’avoir fait ce qu’il faut.
    Et ensuite…
    La route :)

    Alors ??

    Contact au Théâtre du Cheval Bavard.
    :)

  28. Utopia :

    Bonsoir,

    Oui oui, vous avez raison.
    C’est abominable. Et surtout dommageable. Pour les chevaux, qui sont des esclaves, pour l’équitation, qui est factice, pour l’humain, qui du coup, deviens un esclavagiste …..
    Mais depuis un certains temps, il y a quelque chose qui me gêne.
    Ce qui manque ??? Que nous, les  » ceux qui crions » montrions, osions.
    Ah ?
    Et là
    Pfffffuit, plus personne.
    C’est vrai,
    On va s’en prendre, plein la G…..
    Vrai on va pas gagner tellement les juges ils sont « déformés de l’œil »
    Oui, on va se gamèler car le trot heï , c’est si moche et inutile à l’art équestre que à moins de se sentir bouffons on ne l’imposera pas à nos chevaux.
    Par dignité
    Oui, ils vont rire
    Bon
    Riez, en attendant
    Nous pourrions aussi, leurs montrer
    Le plaisir de monter, pour le cheval et soi
    La joie que l’on éprouve lorsque l’on a lâché l’ego sur le bord et que le passage deviens léger
    L’émotion quand par miracle l’on est en apesanteur dans un allongement lent sur des rênes fils d’ariane
    L’étonnement quand le cheval prends son temps et que cela semble suspendu et si fort en même temps.
    L’humilité de savoir se rater sans massacrer les flancs de son cheval
    Celle aussi de savoir quand on tire trop, par ce que la bouche s’ouvre…
    Au lieu de la ultra serrée-muserolle-prison, (avec moumoute (LE comble)
    Ben oui…. C’était de notre faute.
    Être admiratif, quand l’autre sur un cheval moins  » parfait »
    A force de travail et d’empathie
    Obtiens un piaffer fabuleux, certes pas haut
    Mais hautement improbable à la base.
    C’est ça le dressage aussi, du travail, pas que celui de l’éleveur…..
    Alors là
    Moi j’en connais dans les tribunes, leurs mouchoirs sortiront …
    Là, je suis sûre qu’au lieu d’être vides, elles se rempliront ses fichues tribunes-vides du dressage
    Par ce que moi
    Écuyère de profession ( de foi ) :)
    Qu’est ce que je m’ennuie dans ces tribunes.
    Rien à voir
    Sauf maintenant en plus on assiste à un jeu (gloups) de massacre, que l’on en sort en colère et bouleversé,
    Équitation-combat,
    Inutile,
    Et qui génère tant de défenses qu’ils leurs faut inventer des armes lourdes et chimiques pour pouvoir travailler !!!!
    Des dingues !
    Alors, nous , dans notre coin, en partie grâce à une mécène merveilleuse, en partie par abnégation quotidienne, de luttes contre la violence établie.
    En partie grace à de merveilleux chevaux qui sont venus habiter chez nous,
    On se prépare
    On travaille, se remet en cause, avance.
    L’on essaye de ne surtout pas se faire engloutir par l’horrible Bâal du dressage fédéral, (l’égo en chacun n’est jamais loin)
    Et on veux dire. Arrêter les chapelles ardentes, ou l’on sacrifie les Autres.
    Ils sont souvent très bons , les Autres.
    Mais n’ont peut être pas le courage d’être différents… Aussi
    Comme le dit si justement À.Froment.
    Retrouver la promesse d’enfance , le rêve que l’on s’était promis, à soi meme.
    Arrêtez sa propre trahison.
    Alors, l’on a un cheval ( lusitanien) sûrement de qualité international, un autre très jeune, de grosse pointure fils de champion ( croisé allemand- portugais) un entre deux (espagnol) danseur né, plus quelques autres fabuleux sabotés.
    Quand on seras sereins
    On iras
    Pas pour gagner
    Pas pour prouver
    Pas pour critiquer
    Juste pour montrer
    Que sans heurts et sans violences
    Cela existe aussi
    Et que c’est très beau
    Très précis
    Très fin
    Très difficile
    Très réjouissant….. Aussi.
    Et pas pour la coupe……
    Qui elle, à mon sens est bue, jusqu’à la lie !
    Qui en est????
    Qui ose ???
    Au lieu de crier seuls. Unissons nos forces. Et juste montrer.
    Zen.
    Sans affrontements. Une sorte de sobriété heureuse, mais aussi du coup réussie.
    Le sentiment d’avoir fait ce qu’il faut.
    Et ensuite…
    La route :)

    Alors ??

    Contact au Théâtre du Cheval Bavard.
    :)

  29. Ardouin :

    C’est exactement ça… Vanité , médiocrité, méchanceté, incompétence en opposition à la générosité de chevaux qui avaient « malheureusement  » pour eux en plus du talent. De plus, plus on monte et plus l’argent s’en mêle pour casser les denseurs étoile sur l’hôtel du profit . C’est bien triste …
    Merci pour cette publication Émilie

  30. mallieu :

    Vraiment très beau texte. On sent les mots, les douleurs, les blocages. Merci pour eux, pour votre combat pour une équitation juste. Demeurez une sentinelle de la légèreté, un relais de connaissance, de respect et de sensibilité.

  31. Patricia :

    Pour moi, la faute aux juges qui cautionnent et encouragent ce type d’équitation.

  32. Emilie :

    Bonjour,et merci pour votre message, d’autres dessins sur emiliehaillot.fr, des projets en cours, mais pas d’expo. Sinon, l’assoc créée en 2009 souhaitait multiplier les stages sur des sujets complémentaires permettant une connaissance globale (etho, art équestre, locomotion, cavalier), malheureusement, seule et amateur, je me suis heurtée aux cavaliers qui ne souhaitent apprendre que dans un seul sens et ne pas s’ouvrir, comme les professionnels qui veulent connaître la biomécanique mais pas le horsemanship… j’ai continué en écrivant le journal de dressage de Kelso, en quelque sorte prototype de cette recherche. C’est donc pour le moment une assoc sans adhérent, presque fantôme, et surtout en suspend pour raison de deuxième enfant à venir…! Dur de tout concilier…

  33. Virginie :

    Félicitation Emilie !
    Félicitation pour tout ce travail , ce blogue est une vraie mine d’informations et il est très agréable à parcourir. Que de progrès avec kelso .
    Je te souhaite une très bonne année qui sera donc riche en émotions pour ta petite famille si j’ai bien compris.
    J’espère cependant que nous aurons l’occasion de te relire :)
    Virginie

  34. Clément :

    Bonjour Emilie, enfin bonsoir vu l’heure tardive à laquelle je rédige ce petit truc, qui ne sera peut être pas si petit.
    Je me souviens de la première fois où ma monitrice d’équitation m’a dit  »Si tu veux savoir comment je veux que tu travailles, regarde le blog de cette nana, connivence.org, tu vas voir c’est génial ».
    Elle avait raison, et je la remercie souvent en silence de t’avoir posée sur ma route, ou peut être l’inverse. Regarder tes vidéos, lire tes articles, c’est un feu d’artifices de sensations, et pourtant je suis assis.
    Le travail du couple Kelso/toi tout au long de votre vie commune est un travail qui ne peut qu’émouvoir parce qu’il est juste. Même des amis néophytes qui n’ont jamais approché un cheval se rendent compte de la différence énorme qui te sépare de ce que tu décris dans cet article.
    Je pense que sur ce point, notre amie brittanique J.K Rowling a amplement raison, une fois n’est pas coutume je cite quelqu’un qui ne monte pas à cheval : « c’est en voyant l’homme traiter avec ceux qu’il pense inférieurs qu’on se rend compte de ce qu’il est ». Et Oliveira disait qu’il fallait faire de son cheval un ami.
    On en conclue donc que c’est une relation profonde qu’on lie avec notre cheval, c’est une évidence pour tout cavalier.
    Le problème, c’est que c’est une relation qui demande du temps, de la patience, beaucoup d’investissement, et une humilité incroyable. Il faut être capable d’admettre qu’on se trompe, qu’on fait n’importe quoi, qu’on a fait fausse route jusqu’à présent. La guerre est plus facile à faire que la paix : c’est moins long et moins contraignant. Continuer avec cette équitation qui n’est qu’une boucherie entretenue par des gens qui sont fascinés par elle est plus simple que de revenir au coche qu’ils ont raté.
    Combien de fois en regardant des compétitions de dressage sur la chaîne qui a décidé de faire payer ses replays me suis-je arraché les cheveux… Combien de fois était ce évident qu’un cheval n’était pas bien ? Mais c’est la loi du business, et la loi de la performance.
    Une vraie performance serait pourtant d’oser, à un niveau aussi médiatisé, monter et travailler un cheval avec légèreté et justesse. Seulement, cette équitation faussée dans laquelle ils se sont tant investis leur donne l’impression qu’ils savent, qu’ils maîtrisent. Ils disent le contraire devant les caméras, parce qu’ils n’ont pas envie de passer pour des cavaliers vénaux qui continuent de monter pour rembourser leur voiture. Ils pensent qu’ils savent. Ils sont au sommet de la quête équestre et se réclament volontiers de tel ou tel écuyer qui a changé le cours de l’équitation… Pauvres tombes tournant sans cesse sur elles-mêmes, les cimetières sont pleins à craquer de ventilateurs.
    De toutes façons, quand on a pas l’humilité de préparer son cheval soi-même, j’ai du mal à comprendre qu’on puisse se targuer de le connaître.
    C’est malheureux, mais tu ne peux rien faire. Pour tout un tas de raisons, tout ça n’est pas destructible ou renversable. La meilleure façon de faire, c’est de faire sans eux, et de répandre autant que possible une autre version des faits.
    Il faut faire en sorte que ce présent aberrant tombe dans les méandres de l’oubli, le siècle obscur du dressage. Il faut préparer le terreau d’une génération plus encline à l’écoute, sur tous les plans, et qui saura par la même écouter les chevaux.
    Ce n’est pas parce qu’ils ne parlent pas qu’ils n’ont rien à dire.
    J’ai 18 ans, il m’a fallu beaucoup de temps pour admettre que toutes mes conceptions du dressage étaient fausses, parce que c’est déstabilisant, et que ça amène face à un énorme vide qui est celui du  »mais alors quoi ? ».
    Et puis, on rencontre des gens, qui nous disent d’aller regarder tel ou tel site, et on se rend compte de tout ce à côté de quoi on est passé pendant 13 ans.
    Ta simple présence, ta simple parole, et crois moi ça n’est pas réducteur, ouvre des esprits et remplis des petits coeurs tristes de constater qu’on leur a menti par ignorance.
    Alors merci, beaucoup, pour tout ce que tu postes et pour l’évolution de mon équitation, loin d’être finie, mais bien encouragée par le terreau de tes pensées partagées.
    C’est tout ce qu’on peut faire : planter autre chose.

  35. Emilie :

    Clément, merci pour ton petit truc ! Quel beau texte, et bravo pour ta prise de conscience, à 18 ans c’est très précoce ! Peut-être es-tu habité d’une vieille âme ;) ! Merci surtout pour ton témoignage car on se sent vite seul au monde et découragé. « Planter autre chose » ! Voilà que tu tombes bien, je me lance, et c’est grâce à des personnes comme toi, qui voient en mon approche quelque chose qui prend sens et qui tente de sonner juste. Dans quelques mois, j’ouvre une petite structure équestre en Loire Atlantique pour prendre quelques chevaux au travail de manière pro cette fois afin de « faire ma part », ma version des faits. A très bientôt.

  36. Clément :

    Je suis heureux d’apprendre que tu te lances, je passerai peut être un jour dans cette structure, si tu veux bien me faire le plaisir de jeter un oeil critique et sensé sur ma façon d’appréhender les choses !
    Merci à toi, encore une fois, courage dans ta quête et à très vite !

  37. Valérie Schweitzer :

    Merciiii !!!!!! Pourvu que je n’arrive jamais à en faire autant !

  38. Delerue :

    Bien dit bravo.
    Heureusement des personnes comme vous garde la légèreté des anciens.

    Vous êtes installée dans quelle région ? Merci pour votre retour

  39. Emilie :

    Bonjour, merci pour votre message, je suis à Guenrouet, en Loire Atlantique
    Cordialement
    Emilie

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